Saint-Jorioz, sur la rive ouest du lac d'Annecy, cache sous ses eaux un trésor vieux de près de 6 000 ans : les vestiges d'un village sur pilotis du Néolithique, classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Entre plage de sable fin, marais protégés et vieux village savoyard, cette commune offre un voyage à travers les âges, des premiers agriculteurs alpins aux derniers tuiliers du lac. Une quête Tresorus est en préparation pour vous faire découvrir ce patrimoine en famille.
Entre 4000 et 800 av. J.-C., les rives du lac d'Annecy ont vu se succéder plusieurs villages bâtis sur pilotis. Ces habitations en bois, dites « palafittiques » (de l'italien palafitta, « pieu enfoncé », du latin palus et figere), étaient construites en bordure immédiate du lac sur des plateformes surélevées. Leurs habitants cultivaient céréales et légumineuses, élevaient bovins et ovins, et pêchaient. La montée progressive des eaux a englouti les villages, mais paradoxalement les a préservés : privés d'oxygène, les pilotis — principalement en chêne, mais aussi en frêne et en sapin — ont traversé les millénaires, formant un témoignage exceptionnel de la vie quotidienne au Néolithique.
Le site des Marais de Saint-Jorioz, sous les eaux du lac face à la commune, est l'un des plus anciens gisements palafittiques des Alpes : il remonte au Néolithique moyen, vers 4000-3500 av. J.-C. Les premières palafittes du lac d'Annecy ont été identifiées dès 1856 à Duingt et Sevrier, dans le sillage de la découverte suisse de 1854 sur le lac de Zurich. Le site de Saint-Jorioz lui-même n'a été repéré qu'en 1989. Il a livré poteries, outils en silex, haches en pierre polie et pointes de flèche, témoignant d'une société organisée, maîtrisant l'agriculture, le tissage et le commerce avec des communautés parfois éloignées de plusieurs centaines de kilomètres.
En 2011, le site des Marais de Saint-Jorioz a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO dans le cadre des « Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes ». Ce classement réunit 111 sites répartis dans six pays : Suisse, Italie, France, Allemagne, Autriche et Slovénie. Le lac d'Annecy compte trois de ces sites — Les Marais de Saint-Jorioz, le Crêt de Chatillon (à Sevrier) et les Mongets — parmi les mieux documentés des lacs alpins. Le classement protège ces vestiges fragiles, invisibles depuis la surface mais d'une valeur scientifique inestimable pour comprendre les premières sociétés agricoles européennes.
Malgré son nom inquiétant, le Marais de l'Enfer est un havre de paix naturel. Cette zone humide d'environ 25 hectares, à cheval sur les communes de Saint-Jorioz et Sevrier, cumule plusieurs protections : Natura 2000, arrêté préfectoral de biotope, et propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2002. Les roselières abritent une faune et une flore remarquables : rousserolles effarvattes et locustelles tachetées dans les phragmites, libellules protégées comme l'Agrion de Mercure et la Cordulie à corps fin, et plusieurs orchidées dont le Liparis de Loesel, espèce d'intérêt européen. Le marais joue un rôle écologique majeur en tamponnant les eaux avant qu'elles n'atteignent le lac. Un sentier d'interprétation balisé permet de découvrir cet écosystème fragile sans le perturber. Au Néolithique, ces marais constituaient déjà une zone de transition entre la terre ferme et le lac, là où les villages sur pilotis prenaient racine.
Le centre historique de Saint-Jorioz s'est constitué tardivement, à la fin du XIXe siècle, autour d'un nouveau chef-lieu bâti dans la plaine pour quitter l'ancienne église noyée dans les zones humides du bord du lac. L'église Saint-Nicolas, construite à partir de 1885 et consacrée en 1897, en marque le cœur. Tout autour, les anciennes fermes aux balcons de bois et aux toits de tuiles écailles témoignent de la vie rurale alpine. Saint-Jorioz vivait alors de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche sur le lac et de sa célèbre tuilerie, dont les tuiles écailles étaient embarquées au port jusqu'à sa fermeture en 1953 — la tuilerie figure encore aujourd'hui sur les armoiries de la commune. Les filets des pêcheurs séchaient sur la grève, perpétuant un lien plurimillénaire entre les habitants et le lac.
La plage de Saint-Jorioz, l'une des rares plages de sable fin du lac d'Annecy, offre un panorama exceptionnel sur la Tournette et les Dents de Lanfon. C'est aussi un lieu chargé d'histoire : à quelques dizaines de mètres au large, les pilotis des Marais de Saint-Jorioz dorment dans les sédiments. La promenade le long du lac, entre la plage et le port, permet d'imaginer ce paysage tel qu'il était il y a près de 6 000 ans, quand les premiers habitants construisaient leurs maisons au-dessus des eaux.
Quêtes disponibles
En préparation (thème : villages palafittiques UNESCO)
Durée estimée
45 min à 1h30
Distance
2 km à pied (estimé)
Difficulté
Facile, accessible aux familles
Âge recommandé
Dès 5 ans
Prix
Gratuit
Point de départ
Plage de Saint-Jorioz (74410)
Parking
Parking de la plage (payant en saison)
Dernière mise à jour :
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